Festivals Passés2006
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Synopsis


Excellente charge des mélodrames très populaires de l’époque, l’intrigue compliquée de Mesdames de la Halle défie généralement toute tentative de la résumer. Cependant… 
Mesdames de la Halle  a pour cadre le marché des Innocents sous Louis XV, avec ses éventaires, ses étals et la célèbre fontaine.

L’action met en scène trois marchandes de légumes,
Melle Poiretapée, Mme Madou et Mme Beurrefondu, toutes trois jouées en travesti. Elles sont courtisées par Raflafla, tambour-major aux gardes-françaises qui épouserait volontiers l’une d’entre elles rien que pour son argent. Tandis que le jeune gargotier Croûte-au-Pot (rôle travesti également) a plus de succès auprès de la petite marchande de fruits Ciboulette. Cette dernière se croit orpheline mais, après bien des péripéties qui raillent les scènes de reconnaissance des mélodrames, elle s’avère être la fille de Melle Poiretapée et du major Raflafla.

Le livret, qui joue beaucoup sur le langage pittoresque du peuple, et où l’on ne cesse de tomber dans la fontaine, offrait de bonnes situations au compositeur. Quarante-deux ans avant la Louise de Charpentier, cette œuvre reproduit très efficacement, dans la grande scène d’entrée, les cris de Paris et de ses marchandes au carreau des Halles. Mieux que Lecocq ou Reynaldo Hahn, Offenbach sait comment restituer la confusion pittoresque d’un marché. Il est vrai cependant que l’année précédent la création de Mesdames de la Halle, Jean Georges Kastner avait déjà publié Les Cris de Paris « grande symphonie humoristique » conçue à partir du même matériau.

Les rôles des dames confiés à des hommes et celui de
Croûte-au-Pot à une femme ajoutent au caractère farfelu de l’ouvrage. La partition contient une valse chantée de Ciboulette, délicieuse et brillante, les couplets du cuisinier
Croûte-au-Pot, et ceux, très célèbres, du Tambour-major.

Enfin le Septuor burlesque est l’un des autres sommets d’une partition qui est vantée par tous les critiques.

Lovy écrit :
« […] Cette musique est à la fois brillante et pathétique, plaisante et sévère, burlesque et sublime ; elle rit et pleure, elle danse, elle gémit, elle trépigne, elle bat la grosse caisse, elle vous arrache des larmes, elle vous déchire l’âme, elle vous désopile, elle vous fascine, elle vous remue les entrailles, elle vous magnétise, elle vous plonge dans l’extase, en un mot elle est épatante (style local).

(
Textes tirés de deux excellents ouvrages sur la vie et l'oeuvre d'Offenbach : "Offenbach" par Robert Pourvoyeur - Editions du Seuil et "Jacques Offenbach" par Jean-Claude Yon aux éditions Gallimard nrf ).