Le valet Bacolo se
voit depuis longtemps repousser les avances qu’il fait à la soubrette
Moschetta. L’action se déroule chez Bertolucci, un mélomane qui a fait
encadrer et mettre aux murs de son salon les nombreuses lettres que lui
a envoyées le grand Maestro Fagotto. Justement, Fagotto doit venir
aujourd’hui honorer de sa présence la signature du contrat de mariage
entre Clorinda, la fille de Bertolucci, et Caramelo, un vieil antiquaire
membre de « l’Académie Nationale des Amphores de Pompéïa ».
A ce
vieillard ridicule, qui lui fait la cour, la lyre de Pindare sous le
bras, Clorinda préfère de beaucoup son professeur de musique, Fabricio
(rôle travesti) qu’elle espère bien parvenir à épouser avec le soutien
de la soubrette Moschetta. Arrive Fagotto, qui n’est autre que le
domestique Bacolo déguisé et affublé d’un costume excentrique.
Spécialisé dans la musique imitative, il sait imiter aussi bien la
varlope que les cris d’animaux ou le feu d’artifice !
Bertolucci est fasciné : « Grand Homme ! Colosse ! Puits d’Harmonie !
Source de Mélodies ! Troyen !… » Le faux musicien séduit tout à la fois
son maître et la soubrette Moschetta et dédaigne l’Ode pindarique de
Caramelo, au grand dam du vieil antiquaire. Fagotto préfère de loin se
régaler de la musique du jeune professeur Fabricio. Bertolucci, à son
tour la trouve admirable. Ce jeune musicien est donc doué d’un talent
sans pareil que seul l’illustre Fagotto était en mesure de repérer.
Bertolucci
l’accepte aussitôt pour gendre, quand il ne lui accordait que du
mépris. Le vieux Caramelo ne va pas l’entendre de cette oreille. La
querelle des « caramellistes » et des « fagottistes » menace de tourner
au pugilat quand Fagotto révèle involontairement sa véritable identité
en perdant sa perruque. Bacolo avoue être l’auteur des lettre reçues par
son maître.
Il parvient
toutefois à arranger le mariage de Clorinda et de Fabricio dont il a
fait applaudir la musique, et Moschetta toujours sous le charme, accepte
enfin de l’épouser.