" Le Financier et le Savetier "

 Musique De
Jaques Offenbach - Paroles Hector Crémieux
C'est la fête du financier Belazor, et il a invité chez lui plusieurs amis, quelques uns des gros bonnets de la finance. Il les attend, terminant les derniers préparatifs, quand son voisin le savetier Larfaillou se met à chanter à tue-tête. Il vient d'ailleurs le voir pour lui demander la main de sa fille Aubépine. Le financier le met dehors sans ménagement quand arrivent ses invités. La vie de Bélazor est empoisonnée par le voisinage du savetier Larfaillou qui chante sans cesse. Ayant lu qu'il meurt un ou deux savetiers chaque année dans la région, le financier a même tenté de fusionner toutes les échoppes de savetiers en un établissement central confié à Larfaillou afin que ce dernier soit "bien forcé de mourir pour obéir aux lois immuables de la statistique". Larfaillou a repoussé son offre.
Aubépine, la fille de Belazor, fraîchement sortie de pension, fait son entrée. Pour souhaiter bonne fête à son papa, elle lui offre un dessin et lui chante cette fable de La Fontaine arrangée par ses maîtresses : Le Savetier et le Financier.
Belazor est soudain inspiré: voici le remède à tous les maux que lui procure son voisin. Sur le champ, il le fait quérir et lui donne cent écus. Larfaillou rencontre la jolie Aubépine dont il est amoureux. Il lui déclare sa flamme, elle ne reste pas insensible. Mais comment leur union pourrait-elle se concrétiser:  il est si pauvre et son père si fortuné. Aubépine lui conseille de se rendre à la Bourse- qu'elle vante dans un air "C'est très rare en somme de s'y ruiner, à moins d'être un homme qui veut raisonner…" -  et d'y engager ses cent écus.
Mais l'artisan préfère les risquer au jeu. La chance lui sourit et il finit par dépouiller tous ses adversaires. Enfin, il joue contre Belazor et lui gagne jusqu'à ses vêtements ; une fois ceux-ci endossés, Larfaillou se met à parler avec distinction tandis que Belazor adopte un langage populaire. Mais oui, parbleu, on est quelqu'un que parce qu'on est riche et bien vêtu!
Larfaillou devenu millionnaire, persuade le miséreux Belazor de lui accorder la main de sa fille et lui promet une pension en échange.