C'est la fête du financier Belazor, et il a
invité chez lui plusieurs amis, quelques uns des gros
bonnets de la finance.
Il les attend, terminant les derniers
préparatifs, quand son voisin le savetier Larfaillou se met à
chanter à tue-tête.
Il vient d'ailleurs le voir
pour lui demander la main de sa fille
Aubépine. Le financier le met dehors sans
ménagement quand arrivent ses invités. La vie
de Bélazor est empoisonnée par le voisinage du savetier
Larfaillou
qui chante sans cesse. Ayant lu qu'il meurt
un ou deux savetiers chaque année dans la région, le
financier a même
tenté de fusionner toutes les échoppes de
savetiers en un établissement central confié à Larfaillou
afin que ce dernier
soit "bien forcé de mourir pour obéir aux lois immuables de
la statistique". Larfaillou a repoussé son offre.
Aubépine, la fille de Belazor, fraîchement
sortie de pension, fait son entrée.
Pour souhaiter bonne fête à son papa, elle lui offre un
dessin et lui chante cette fable de La Fontaine arrangée par ses
maîtresses : Le Savetier et le Financier.
Belazor est soudain inspiré: voici le remède à tous les maux
que lui procure son voisin.
Sur le champ, il le fait quérir et lui donne
cent écus.
Larfaillou rencontre la jolie Aubépine dont il est
amoureux. Il lui déclare sa flamme, elle ne reste pas
insensible.
Mais comment leur union pourrait-elle se
concrétiser:
il est si pauvre et son père si fortuné.
Aubépine lui conseille de se rendre à la
Bourse- qu'elle vante dans un air "C'est très rare en somme
de s'y ruiner, à
moins d'être un homme qui veut raisonner…" -
et d'y engager ses cent écus.
Mais l'artisan préfère les risquer au jeu. La
chance lui sourit et il finit par dépouiller tous ses
adversaires.
Enfin, il joue contre Belazor et lui gagne
jusqu'à ses vêtements
;
une fois ceux-ci endossés, Larfaillou se met à parler avec
distinction tandis que Belazor adopte un langage populaire.
Mais oui, parbleu,
on
est quelqu'un que parce qu'on est
riche et bien vêtu!
Larfaillou devenu millionnaire, persuade le miséreux Belazor
de lui accorder la main de sa fille et lui promet une pension
en échange.