" BA TA CLAN " Opéra Bouffe en 1 acte de Jacques Offenbach

Jacques Offenbach ouvre dans la salle du passage Choiseul ses seconds Bouffes Parisiens le 29 décembre 1855. Le premier ouvrage joué sur cette scène marque le début d’une nouvelle période et son heureux directeur  se voit reconnaître le droit d’utiliser une distribution de quatre personnages . Ce sera   Ba-Ta-Clan. Le mot et l’ouvrage font fureur à Paris. Rappelons-en brièvement l’intrigue :

Fé-ni-han, roi des vingt-sept sujets, souverain malgré lui de Ché-i-no-or , a fait empaler par erreur, un bourgeois qui ne méritait qu’honneurs et distinctions. Cette « royale » erreur commise par Fé-ni-han n’est que la conséquence dramatique de son ignorance de la langue chinoise. Et pour cause, il est français !

Tout cela, ne fait que durcir  la colère du peuple, et affermit un complot qui se tramait déjà  contre lui. Le grand chambellan Ko-ko-ri-ko convoitant le trône,  fera tout son possible pour évincer son souverain.
Ké-ki-ka-ko et Fé-an-nich-ton, membres de la suite de Fé-ni-han sont deux parisiens échoués dans son royaume : Un viveur déchu et une ex-chanteuse à voix. Dans le regret de Paris, ceux-ci décident de s’enfuir, avec Fé-ni-han qui craint toujours les conspirateurs.

Mais leur chef  Ko-ko-ri-ko dévoile à son tour sa nationalité française ; Il facilitera d’autant plus l’évasion du souverain qu’il le remplacera sur son trône !
La musique boursouflée, en vogue, se voit ici parodiée,  dans un savoureux sabir franco-italien, qualifié de chinois, qui ridiculise paroles et musique de style bel canto. Dans la partition originale de Ba-ta-clan, ce ne sont plus quelques citations musicales, mais un véritable pastiche, sur de la musique nouvelle.

Tout cela est couronné de rythmes joyeux, scintillants : un galop nerveux et élastique, un quatuor ironique sur les paroles «  il demande une chaise » - Offenbach y jongle sans fin avec les possibilités prosodiques de la langue française -, mais aussi une mélancolique romance, et une valse douce-amère, sinueuse, célébrant les attraits de Paris, hélas trop lointains, vus de Chine . Pour la première fois, Halèvy ose signer le livret.